HISTOIRE LITTÉRAIRE

D'ITALIE,

par P. L. GINGUENÉ,

DE L'INSTITUT DE FRANCE.

SECONDE ÉDITION,

revue et corrigée sur les manuscrits de l'auteur, ornée de son portrait,
et augmentée d'une notice historique par
M. DAUNOU.

TOME CINQUIÈME.



A PARIS,
CHEZ L. G. MICHAUD, LIBRAIRE-ÉDITEUR,
PLACE DES VICTOIRES, Nº 3.

M. DCCC. XXIV.




HISTOIRE LITTÉRAIRE

D'ITALIE.




DEUXIÈME PARTIE.


CHAPITRE XI.

Suite de l'Épopée romanesque; poëmes sur d'autres sujets queCharlemagne et ses Paladins; poëmes tirés des fables grecques; sujetspurement imaginaires; romans de chevalerie de la Table ronde; Giron leCourtois de l'Alamanni; Vie de ce poëte, idée de son poëme.


Dégagés enfin, non sans peine, de cette branche beaucoup trop fécondedes poëmes romanesques italiens1, nous aurions lieu d'être effrayés,si les deux autres que nous avons précédemment indiquées2, les romansde la Table ronde et ceux des Amadis étaient aussi fertiles, et si ceuxqui ont pour fondement d'autres fables connues, et les romans de pureimagination qui sont encore autre chose, avaient de leur côté la mêmeabondance. Fort heureusement il n'en est rien. La fable de Charlemagneet de ses pairs avait eu la priorité; elle conserva la préférence, etpeu s'en fallut même que cette préférence ne fût exclusive. Pourprocéder avec ordre dans ce qui nous reste à connaître, commençons parles poëmes étrangers aux Amadis comme à la Table ronde, et qui, devantmoins nous intéresser, doivent aussi nous arrêter moins.

Note 1: (retour) Le chapitre précédent contient lui seul, ou les extraits, ou les simples notices d'environ quarante poëmes.
Note 2: (retour) Chap. III de cette seconde partie.

Il faut ranger parmi les poëmes romanesques la vieille histoire de laDestruction de Troie, en vingt chants, imprimée dès le quinzièmesiècle, et dont l'auteur, d'ailleurs tout-à-fait inconnu, est un certainJacques, fils de Charles, prêtre florentin3. Les choses y sont prisesde fort haut avant le siége de Troie, et conduites fort loin après. Lepoëme commence par la conquête de la Toison d'or, et redescendnon-seulement jusqu'à la fondation de Rome, mais jusqu'au temps de Césaret à la guerre de Jugurtha. Il plaît au Quadrio de dire que ce sujetn'y est pas mal traité4; il l'est à peu près du même style quel'Ancroja et les autres poëmes de cette nature dont nous avonsci-devant parlé5. L'auteur, il est vrai, n'oublie pas de marquer lepassage d'un chant à l'autre, par la manière dont il finit et dont ilcommence; mais s'il a cette partie des formes du roman épique, il n'aaucun des agréments que l'imagination trouve quelquefois dans ceux mêmesqui n'ont d'autre mérite que de la frapper ou de la surprendre. Lesévénements y sont liés et amenés sans art, et tels à peu près qu'ils sesuccèdent dans Dictys de Crète et Darès

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