Note de transcription:
Les erreurs clairement introduites par letypographe ont été corrigées. L'orthographe d'origine a étéconservée et n'a pas été harmonisée.

LE

VALLON AÉRIEN,

ou

Relation du Voyage d'un Aéronaute dans un pays inconnu jusqu'à
présent; suivie de l'histoire de ses habitans et de la description
de leurs mœurs.

OUVRAGE REVU ET PUBLIÉ

Par J. MOSNERON, ex-Législateur.

A PARIS,

Chez J. CHAUMEROT, Libraire,
Palais-Royal, Galeries de bois, no 188.

1810.

PRÉFACE

DE L'ÉDITEUR.

La découverte de M. de Montgolfier, laplus extraordinaire des découvertes du dix-huitièmesiècle, n'a eu aucun résultat utile.Les recherches des savans et l'attente du publicont été également trompées; l'aérostationqui devoit procurer des lumières surles hautes régions de l'atmosphère, des secoursau commerce, des services à l'art militaire,n'a offert qu'un spectacle étonnant,et l'ascension d'un ballon ne semble propredésormais qu'à figurer dans des fêtes, commeune fusée très-singulière, très-curieuse,mais très-stérile.

Telle étoit du moins depuis long-tems l'opiniongénérale sur les ballons. Les savans,désespérant de tirer un véritable fruit deleurs travaux, avoient renoncé à s'en occuper;et le sieur Blanchard, promenant sonspectacle de capitale en capitale, jouissoitsans contestation de sa gloire ainsi que del'argent du public. Cependant au fond de laGascogne vivoit dans la plus grande obscuritéun habile aéronaute, qui avoit trouvé le seulmoyen peut-être de rendre ses ascensionsutiles. Très-instruit et très-courageux, M. deMontagnac planoit en ballon sur la chaînedes Pyrénées, tiroit le plan de ces montagnes,s'arrêtoit quelquefois sur des sommets inaccessiblesaux Ramond, aux Homboldt et auxSaussure, faisoit de profondes observationsrelatives à la géologie, à la minéralogie, à labotanique; étudioit la température de l'atmosphèregraduée suivant sa hauteur, etmême avoit déjà reconnu des courans d'airréglés et des moussons périodiques; mais cethomme modeste et véritablement savant nevouloit faire part de ses découvertes au public,que lorsqu'il auroit été parfaitementassuré de leur certitude. Parti de Perpignan,et se dirigeant vers Bayonne, il n'avoit encoreparcouru qu'une moitié de la chaînedans l'espace de huit ans, parce qu'il répétoitplusieurs fois les mêmes observations et qu'ilétoit souvent obligé d'attendre long-tems leléger courant d'air favorable à sa direction.

Lorsqu'il auroit eu achevé ses courses etses études aériennes sur les Pyrénées, il seproposoit de les répéter sur la chaîne desAlpes; c'est à la fin de ces pénibles travauxque le public devoit en recueillir le fruit.L'ouvrage qui en seroit résulté auroit sansdoute fait époque dans l'histoire des découvertesdu dix-neuvième siècle. La mortvient de surprendre cet estimable savantdans le petit village de Saumède, aumilieu des Pyrénées, où il étoit descenduaprès une troisième ascension sur la Maladetta.J'herborisois alors dans ces montagneset j'y avois fait connoissance avec M. deMontagnac. La conformité des goûts pour lamême étude, qui est le plus puissant commele plus agréable des liens, nous avoit réunisdès la première entrevue. L'extrême douceurde sa société avoit encore resserré notreamitié; et si la mort de cet homme de génieest une perte irréparable pour les sciences,elle sera un sujet d'éternels regrets pour moncœur. Il m'a légué tous ses papiers en melaissant la liberté d'en disposer comme je lejugerai à propos; mais il m'a recommandésurtout la relation de son voyage dans leVallon aérien. Ce voyage revenoit dans tousses souvenirs; c'

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