
No. 50. Vol. II. -- SAMEDI 10 FÉVRIER 1844. Bureaux, rue de Seine, 33. Ab. pour Paris.--3 mois, 8 fr. 6 mois, 16 fr. Un an, 30 fr. Prix de chaque No. 75 c.--La collection mensuelle br., 2 fr. 75. Ab. pour les Dép.--3 mois, 9 fr.--6 mois, 17 fr.--Un an, 32 fr. pour l'Étranger. -- 10 -- 20 -- 40
Le Général Bertrand. Notice biographique. Portrait. -- Courrier deParis.--Histoire de la Semaine, Portrait de M. Sheil; Buste deWatt, -- Établissements Industriels de Paris. Usines à gaz. TroisGravures. -- Fragments d'un voyage en Afrique. (Suite.) -- Petitesindustries parisiennes en plein vent. Sept Gravures. -- Études comiques.Le Trembleur, ou les Lectures dangereuses; par M. Marc Michel. (Suite etfin.) -- Agriculture. Concours de Poissy; Animaux domestiques enAngleterre. Neuf Gravures. -- Bulletinbibliographique. -- Annonces. -- Modes. Travestissements, DeuxGravures. -- Amusements des Sciences. DeuxGravures. -- Correspondance. -- Rébus.
Il y a peu de jours, nous annoncions la fin du bourreau de Napoléon;aujourd'hui nous avons à déplorer la mort de son fidèle compagnond'exil.--Dans le même mois, la mort, qui rapproche tout, a frappé HudsonLowe et Bertrand, l'odieux geôlier et le serviteur héroïque. Effaçonsles pénibles impressions qu'a pu laisser le tableau d'une vie exécrablepar le récit d'une carrière glorieuse et d'un dévouement antique.

Le général Bertrand, décédé le 1er Février.
Le général Henri Gratien, comte Bertrand, naquit à Châteauroux le 28mars 1773, d'une famille honorable du Berry. Il s'était d'abord destinéau génie civil, mais les événements et les guerres que la France avait àsoutenir le déterminèrent à prendre du service et à entrer dans le géniemilitaire. En 1795 et 1796, il servit en qualité de sous-lieutenant dansl'armée des Pyrénées. En 1787, il fit partie de l'ambassade envoyée àConstantinople. Compris dans l'expédition d'Égypte, il s'y distinguasous les yeux du grand homme à la gloire et au malheur duquel il vouaplus tard le reste de sa vie. Demeuré avec Kléber, après le départ deBonaparte, et s'étant signalé chaque jour en fortifiant des places et enrendant des services nouveaux, il reçut les brevets delieutenant-colonel, de colonel et de général de brigade, qui lui furentaccordés successivement, mais que le même vaisseau venu de France,apporta à la fois en Égypte.
Ce fut principalement au camp de Saint-Omer, en 1804, que Napoléon, plusà même d'apprécier l'étendue des connaissances et toutes les qualitésestimables du général Bertrand, lui accorda son amitié, qui fit tantd'ingrats, tant de traîtres, mais qui, du moins cette fois, rencontra uncœur capable d'y répondre par un attachement porté à l'héroïsme, A labataille d'Austerlitz, le 2 décembre 1805, Bertrand donna de nouvellespreuves de ses talents militaires et de son courage. Après l'affaire, onle vit à la tête d'un faiblit corps qu'il commandait ramener un grandnombre de prisonniers et dix-neuf pièces de canon enlevées à l'ennemi.Ce fut après cette campagne que Napoléon le mit au nombre de sesaides-de-camp. Il le chargea d'attaquer la forteresse de Spandau, queBertrand contraignit à capituler, le 25 octobre 1806. Le vainqueur decette place se montra de la manière la plus éc